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vendredi 3 mai 2013

Etude de cas d’une manipulation : Le Figaro et l’affaire du Mediator



Comment un grand quotidien national parvient à confondre l’esprit de nos citoyens en défendant une thèse corroborée par les seuls préjugés. Ou par la seule volonté de défendre à tout prix une position irrecevable. 


Il y a des textes salutaires qu’il convient parfois de réactiver afin de réveiller nos consciences assoupies. Trop peu de nos intellectuels se souviennent des textes de Chomsky sur la fabrique du consentement. Pour le linguiste Chomsky, les médias constituent un système qui sert à communiquer des messages et des symboles à la population. Ils ont vocation à distraire, amuser, informer, et à inculquer aux individus les croyances et codes comportementaux qui les intégreront aux structures sociales au sens large. Dans un monde où les richesses sont fortement concentrées et où les intérêts de classe entrent en conflit, accomplir cette intégration nécessite une propagande systématique. Une modélisation de la propagande se focalise sur la prodigieuse inégalité dans la capacité de contrôle des moyens de production ; et ce qu'elle implique tant du point de vue de l'accès à un système de médias privés que de leurs choix et fonctionnements. Le modèle permet de reconstituer par quels processus le pouvoir et l'argent sélectionnent les informations.

A ce titre l’exemple du Figaro dans l’affaire du Mediator est probant. Pas moins de 140 articles, tous signés d’Anne Jouan, et tous à charge contre les laboratoires Servier (dans la même période, Libération publiait 16 articles et un dossier...) Et tous condamnant l’entreprise avant même que la justice ne soit rendue. Parmi les «Dix Stratégies de Manipulation » à travers les médias que Chomsky a identifiées, quatre nous paraissent révélatrices du système médiatique actuel français et nous permettent de mieux comprendre cette absolue volonté de nuire de la rédaction du Figaro et non d'informer. C'est en cela qu'il y a une véritable tentative de manipulation sans pour autant en comprendre les raisons profondes.

1. Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion. L’immense majorité des articles du Figaro font appel à l’émotionnel. C’est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. A multiplier les témoignages de victimes, à donner en permanence une place considérable aux cris de harpie d’Irène Frachon, à ne jamais donner la parole au défendeur, la technique conduit inexorablement à l’anéantissement d’une quelconque forme d’objectivité. Le parti pris émotionnel étouffe toute forme de discernement. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements. La vague anti-santé, anti-médicament n’est pas une fatalité mais bien la démonstration d’une stratégie profonde au service de plus grandes entreprises encore de velléités de vouloir imposer de nouvelles normes sanitaires.

2. Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise. L’absence d’objectivité et de rationalité conduit la rédaction du Figaro à faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » écrivait Chomsky. Pourquoi alors faire preuve de détermination à donner la parole à toutes les parties prenantes ? Pourquoi ne tirer qu’à sens unique ? On retrouve ici la posture traditionnelle des milieux médiatiques : nous on sait et pas vous. C’est l’émergence de la médiocratie (média-démocratie) où tous les pouvoirs sont concentrés sur quelques hectares parisiens. Par ailleurs la question du professionnalisme des journalistes se posent aujourd’hui c’est aussi du en grande partie à l’absence de neutralité de certains journalistes sur différents thèmes ou articles transmis par ces derniers. Enfin comment accepter la diffusion d’informations confidentielles et appartenant au dossier de l’instruction ? Jusqu’où la petite soldate du journalisme ira pour se faire reconnaître comme une grande journaliste ?

3. Remplacer la révolte par la culpabilité. Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Pas une seule fois dans l’affaire Mediator, le Figaro n’a posé la question de la prescription. Pas une seule fois, nous n’avons pu lire le témoignage d’un médecin. C’est comme si toutes les victimes du Mediator avaient sonné à la porte des laboratoires pour obtenir leurs médicaments. C’est comme si toutes les victimes des prothèses PIP s’étaient implantées elles-mêmes des prothèses mammaires…

4. Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes. Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes. C’est pourquoi un quotidien comme le Figaro défend son système et veut donner des leçons d’éthique et influencer des modes de pensée. Certes le Figaro n’est pas le seul. D’autres médias sont exactement dans cette même logique, non pour informer mais pour assoir des pouvoirs financiers et politiques.

En somme, il est urgent de relire Chomsky et de prendre du recul vis-à-vis des informations diffusées par le Figaro. Mais ne doutons pas que d’ici l’ouverture du procès le 22 mai prochain, les articles du Figaro vont croitre afin de faire pression, indirectement sur les juges. Manipulation quand tu nous tiens !

 

samedi 13 octobre 2012

Mediapartor ou la naissance du Torquemada de l’information.



Mediapart livre une interprétation plus que douteuse sur la médiatisation de l’affaire du Mediator dans le Parisien. Après les papiers truffés d’approximation de la rédaction d’Edwy Plenel, Mediapart, le Torquemada de la pensée unique de gauche, frappe à nouveau…


Mediapart démontre une nouvelle fois sa croisade contre les laboratoires Servier sans que personne ne sache vraiment s’il s’agit d’un règlement de compte ou plus simplement de l’incapacité pour cette rédaction d’être objective. Les journalistes soi-disant indépendants de Mediapart ignorent sans doute ce qu’est un fait avéré, quantifié, mesuré et préfèrent bidouiller les informations pour mieux servir leurs consciences boboïsantes de journalistes cantonnés à écrire sur internet mais touchant toujours des subventions de l’état. C’est vrai que la sacro-sainte liberté de la presse n’a pas de prix…

Le 6 octobre dernier, sous la plume de Frédérick Stambach, Mediapart tente de nous expliquer que les laboratoires Servier ont réussi à semer le doute dans l’opinion publique à propos des effets réels ou supposés du Mediator.
L’inquisiteur Mediapartor
Quelques jours plus tôt, le 3 octobre, le Parisien fait sa une sur le scandale du Mediator en titrant « les chiffres qui sèment le doute ». A la une et sur une double page intérieure, le journaliste du quotidien Le Parisien Aujourd’hui en France, Marc Payet, cite des chiffres fournis par l’ONIAM, organisme chargé d’évaluer les dossiers des accidentés des médicaments. 85% des dossiers sont rejetés selon ces spécialistes pour défaut de preuves, ou défaut d’absolue certitude du rapport de cause à effet entre la prise du Mediator et des valvulopathies. Ces experts, ces scientifiques, passent pour Mediapart, comme étant de sinistres idiots, achetés et corrompus par le laboratoire Servier. Mediapart suggère également que Servier aurait directement remis à la rédaction du Parisien, un « tableur » avec les bons chiffres démontrant l’innocuité du médicament. Mediapart, outre de prendre les médecins de l’ONIAM pour de sombres crétins, prend également la rédaction du Parisien, leurs collègues journalistes, pour une bande d’incapables, eux aussi achetés et corrompus par Servier, aveuglés par une envie de pouvoir et de faire le scoop. Scoop au demeurant repris toute la journée par l’ensemble des médias, tous, à des degrés différents, complètement incapables de justifier un traître mot et reprenant en boucle les chiffres du Parisien. Ça commence à faire beaucoup.

Les serial killer de l’info : Libé et Mediapart
Mais, heureusement, comme dans toutes les belles fables, Libération arrive, le lendemain même pour rassurer les bonnes âmes de la rive gauche. Ouf ! « le Parisien raconte n’importe quoi » suggère Libération. On va vous expliquer comment il faut réfléchir, surtout si vous êtes de gauche, surtout si vous ignorez comment fonctionne un laboratoire pharmaceutique qui s’en met plein les poches sur le dos des pauvres patients exsangues et cacochymes et on va vous expliquer comment il faut juger.

Mediapart n’hésite donc pas à faire un copier coller de l’article du journaliste de Libération, Yann Philippin, pour en remettre une couche contre le Parisien, Servier et tous les bandits de la santé publique, ministres compris (enfin pas trop les socialistes) quitte à exhumer des chiffres des années 80 et 90. Et sans oublier de citer notre Jeanne d’Arc brestoise qu’on finira bien un jour de faire griller sur le bucher des vanités.

Mediapart nous resserre donc une ancienne étude de 2005, évidemment falsifiée par Servier, entreprise dénuée de toute dimension humaine, menteuse, corrompue jusqu’au plus profond de ses entrailles démoniaques…

Mais par chance, nous avons Libération et Mediapart. D’ailleurs, chacun remarquera qu’il y eut peu de commentaires sur la collusion des parutions, comme s’il avait fallu que Libération tente d’effacer vite les informations parues dans le Parisien. A l’évidence, cette génération spontanée d’informations et de contre informations est tout à fait naturelle. Mon œil. On voit bien que ce scandale du Mediator est :

1. L’occasion rêvé de faire des scoops même si un dossier est vide et même si la justice est en pleine instruction. C’est bafoué la plus élémentaire règle de présomption d’innocence, règle que la rédaction de Mediapart défend sans cesse pour elle-même et très peu pour les autres ;

2. L’occasion de vendre du papier parce qu’il faut bien vivre et qu’il est plus facile de taper sur des entreprises créant, n’en déplaise aux journaleux, de la richesse, que sur des politiques abscons, qui, tous, dans cette affaire du Mediator, ont de lourdes responsabilités au même titre que les médecins prescripteurs. Mais eux, on n’en parle pas.

3. L’occasion de démontrer que les journalistes de Mediapart, illustrent assez bien le principe de Peter en s’élevant régulièrement à leur niveau d’incompétence… Mediapart croit sans doute être le nombril du journalisme et que toute pensée, avis, faits, individus, entreprises, élus, qui expriment des avis contraires à leurs convictions, sont coupables et doivent être médiatiquement exécutés. Chacun jugera ainsi du redoutable obscurantisme d’une rédaction en mal de sensation et de financement.

Mais tout cela est bien entendu très politikement inkorrekt.
 
Sources :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/643301-mediator-peu-de-victimes-indemnisees-cela-ne-remet-pas-en-cause-sa-dangerosite.html ; http://www.lepoint.fr/societe/mediator-servier-a-realise-un-essai-en-2005-sans-prevenir-des-risques-04-10-2012-1513272_23.php ; http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/10/04/mediator-servier-aurait-fait-un-essai-en-2005-sans-prevenir-des-risques_1769840_1651302.html